La Républicaine, ou chant républicain

Les paroles de notre hymne ne reflettent plus les valeurs de notre République. Le chant de la Nation doit prendre sa forme dans les symboles de la démocratie : liberté, égalité, fraternité. Blog géré par l'association La nouvelle Marseillaise.

19 février 2009

Quelques hymes étrangers qui ont évolués


Petit tour du monde des hymnes étrangers

La comparaison des hymnes étrangers montre qu'aux paroles souvent guerrières de certains pays ont succédé dans les nations créées depuis 1945 des hymnes qui sont en général davantage porteurs de valeurs humanistes et pacifiques.

On trouvera la plupart des textes sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Hymne_national,

et les musiques et partitions sur   http://www.lexilogos.com/hymnes.htm ou
http://www.csdraveurs.qc.ca/musique/repertoire/hymnes/hymnes_nationaux.htm

Le rapide survol ci-dessous s'attache davantage aux hymnes qui ont une particularité historique, et notamment ceux qui ont évolué, pour de multiples raisons.

Afrique du Sud Depuis 1997, l'hymne national est la combinaison de l'ancien hymne national adopté en 1927, Die Stem van Suid Afrika avec le populaire chant africain adopté par les mouvements anti-apartheid, Nkosi Sikelel' iAfrika.
Cette combinaison des deux hymnes, qui s'avère être très appréciée des Sud-Africains, a joué un rôle important dans l'unification de la nation.
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Que Dieu bénisse l'Afrique,

Puisse sa corne s'élever vers les cieux,
Que Dieu entende nos prières

Et nous bénisse, nous ses enfants d'Afrique.

Que Dieu bénisse notre nation,

Et qu'il supprime toute guerre et toute souffrance,

Préservez, préservez notre nation,
Préservez notre nation sud-africaine, l'Afrique du Sud.
Résonnant depuis nos cieux d'azur,

Et nos mers profondes,
Au-delà de nos monts éternels

Où rebondit l'écho.
Retentit l'appel à l'unité,

Et c'est unis que nous serons,
Vivons et luttons pour que la liberté triomphe

En Afrique du Sud, notre nation.

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Heinrich Hoffmann en 1841   sur une musique de Joseph Haydn. La première ligne Deutschland, Deutschland über alles, über alles in der Welt était alors comprise comme un appel aux souverains allemands à mettre de côté leurs querelles et à concentrer leurs efforts pour créer une Allemagne unie (avec parfois aussi une connotation révolutionnaire et libérale)

Allemagne : le Deutschlandlied fut écrit par

Elle fut réinterprétée par les nazis comme : L'Allemagne doit dominer le monde, avec une idée d'annexion, qui allait entraîner la Seconde Guerre mondiale

En 1952, la république Fédérale Allemande décida de ne conserver comme hymne national que le 3ème couplet, beaucoup plus pacifique :

Unité et Justice et Liberté pour la Patrie Allemande.

Tendons tous vers cela, fraternellement, avec le coeur et la main (ouverts).
Unité et Justice et Liberté sont les fondements du bonheur.
Fleuris dans l'éclat de ce bonheur, Fleuris, Patrie Allemande! (bis)

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Belgique :   la "Brabançonne" a été écrite en 1830, pendant la guerre d'indépendance de la Belgique contre les Pays-Bas, par Louis-Alexandre Dechet, dit Jenneval, Français né a Lyon en 1801. Celui-ci se produisait comme acteur à Bruxelles, quand y éclata la Révolution, le 25 août 1830. Engagé dans l'armée des autonomistes, il y trouva la mort, laissant sa poésie à la nation. François Van Campenhout, violoniste au même théâtre, composa la musique et donna à l'ensemble le titre de la "Brabançonne" en souvenir de l'ancien duché de Brabant auquel appartenait la ville de Bruxelles.

Le premier couplet était ainsi libellé:

Qui l'aurait cru?... De l'arbitraire

Consacrant les affreux projets,
Sur nous, de l'airain militaire,
Un prince a lancé les boulets.
C'en est fait! Oui, Belges, tout change.
Avec Nassau, plus d'indigne traité!
La mitraille a brisé l'orange
Sur l'arbre de la liberté.

Comme on trouvait le texte assez médiocre, et trop belliqueux, il fut réécrit en 1860 par le Premier ministre lui-même, Charles Rogier, qui avait joué un rôle important pendant la Révolution. Il devînt chant national en 1926. Mais seul le troisième et dernier couplet a été retenu pour les cérémonies officielles:

A toi notre sang, O patrie,

Nous le jurons tous : tu vivras.
Tu vivras, toujours grande et belle,
Et ton invincible unité
Aura pour devise immortelle:
Le Roi, la Loi, la Liberté.

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Égypte : Bilady, Bilady, Bilady (Ma patrie, ma patrie, ma patrie), hymne adopté en 1979, a été écrit et composé par Sayed Darwish (1892-1923). L'Egypte aurait profité de la modification du tempo initié par Valéry Giscard d'Estaing pour la Marseillaise, pour faire adopter ce changement.

Mon pays, mon pays, mon pays

Tu as mon amour, et tu as mon cœur
Mon pays, mon pays, mon pays
Tu as mon amour, et tu as mon cœur
(Ô) Égypte, la mère des pays
Tu es mon but et ce que je désire
Et tous les gens se doivent de désirer
Combien de mains à ton Nil.

Espagne : L'hymne national Espagnol est "la marcha réal". Sous Alphonse XIII, puis sous Franco, des paroles ont été ajoutées mais jamais officialisées. Avec l'hymne à la joie Européen, c'est à notre connaissance le seul hymne qui ne comporte pas de paroles.

Inde et Pakistan : Fait exceptionnel, ces deux pays ont un hymne écrit par un même homme : Rabindranath Tagore (prix nobel de littérature en 1913)

Jana Gana Mana, écrit et composé en 1911   est l'hymne national de l'Union indienne, adopté par l'Assemblée constituante, le 24 janvier 1950.

«Tu es le souverain des âmes du peuple,
Toi qui diriges le destin de l'Inde !
Ton nom réveille dans le cœur du Panjab, du Sindh, du Gujarat,
du Mahârashtra, du Dravida, de l'Orissa et du Bengale !
Il résonne dans les montagnes des Vindhyas et des Himâlayas,
Se fond dans la musique de la Yamouna et de la Ganga
Et est chanté par les vagues de l'Océan Indien !
Ils prient pour avoir Ta bénédiction et chantent Tes louanges,
Le salut du peuple est dans Tes mains !
Tu es le souverain des âmes du peuple,
Tu es Celui qui dirige le destin de l'Inde !
Victoire, victoire, victoire à toi.»

Amar Shona Bangla (Mon Bengale doré) est l'hymne du Bangladesh musulman.

Mon Bengale doré, je t'aime

Tes cieux, ton air font toujours chanter
Comme une flûte mon cœur.
Au mois de Phagoun, ô ma mère,
Le parfum de tes manguiers
Me transporte de joie,
Ah, quel vertige!
Au mois d'agrahan, ô ma mère,
Dans les champs dorés,
J'ai vu de doux sourires, tout être recouvert!
Ah, quel «antchal» de beauté, d'ombres, d'affection
Et de tendresse.
As-tu étendu au pied des banians et le long des rives!
Ô ma mère, les paroles de tes lèvres
Sont du nectar à mes oreilles!
Ah, quel vertige!,
Si la tristesse, ô ma mère, jette son voile sur ton visage,
Mes yeux se remplissent de larmes!

Royaume Uni : Il n'y a pas d'hymne national officiel, mais le God Save the Queen (ou King – selon l’individu régnant) possède une longue histoire d'usage dans cette fonction et est utilisé par le gouvernement comme hymne national.

Avec la Marseillaise, c'est l'hymne le plus connu au monde, et c'est en suivant son modèle que les autres pays européens au 19ème ou 20ème siècle se sont doté d'un hymne national. Plusieurs pays du Commonwealth

le reconnaissent encore en tant qu'hymne royal.

L'ancêtre de God save the King   est la chanson "Grand Dieu sauve le Roi", écrite par la duchesse de Brinon et mise en musique par Lully, pour célébrer la guérison de Louis XIV d'un problème de fistules, en 1686.
Traduite en latin "Domine, salvum fac regem" elle devient l'hymne royal français jusqu'en 1792. Lorsque le catholique Roi
Jacques II d'Angleterre (Roi Jacques VII d'Ecosse) vient vivre à Saint-Germain-en-Laye, après sa déposition par son gendre protestant Guillaume d'Orange, il prendra connaissance de ce motet. Plus tard, ses partisans débarqueront en Angleterre en chantant cet hymne en son honneur. C'est après la bataille de Culloden, qui voit la fin des espoirs des Stuart de remonter sur le trône anglais, que les Hanovre, victorieux, adopteront cet air comme hymne royal britannique.

Dieu protège la reine
De sa main souveraine !
Vive la reine!
Qu'un règne glorieux,
Long et victorieux
Rende son peuple heureux.
Vive la reine !


Russie : L'hymne national de l'URSS a été composé par Aleksandr Alexandrov et les paroles écrites par Sergeï Mikhalkov en 1944. Le texte fut révisé en 1977 pour y éliminer la référence à la grande guerre patriotique et donc à Staline.

Cet hymne fut abandonné par B. Eltsine lors de l'éclatement de l'URSS mais resta dans le coeur des russes comme leur véritable hymne.
Il redevient l'hymne de la
Fédération de Russie en 2000 avec de nouvelles paroles toujours écrites par Sergeï Mikhalkov alors âgé de 87 ans !

Russie est notre sainte puissance,

Russie est notre pays bien aimé.
Une volonté puissante, une immense gloire,
Sont tes attributs pour toujours.
Sois glorieuse, notre libre Patrie,
Alliance éternelle des peuples frères!
A travers nos ancêtres, porteuse de la sagesse du peuple!
Sois glorieux, notre pays! Nous sommes fiers de toi!

RWANDA : Les députés ont adopté le 7 novembre 2001 le texte d'un nouvel hymne national qui supprime toute référence aux ethnies du pays.
Le nouveau texte comprend quatre couplets chacun avec un message précis.

Le premier couplet exalte la beauté du Rwanda, le deuxième loue certaines valeurs positives de la culture rwandaise, le troisième évoque les grandes dates de l'histoire du Rwanda et le dernier chante la détermination des Rwandais à servir vaillamment leur patrie.

Rwanda, notre beau et cher pays

Paré de collines, de lacs et de volcans
Mère-patrie, sois toujours comblée de bonheur
Nous tous tes enfants : Abanyarwanda
Chantons ton éclat et proclamons tes hauts faits
Toi, Giron maternel de nous tous
Sois à jamais admiré, prospère et couvert d’éloges.



Suisse : «C'est une parlementaire socialiste qui, soutenue par 39 de ses pairs, a déposé une motion auprès du Conseil national afin de modifier l'hymne patriote, le Cantique suisse, qu'elle juge désuet, patriarcal, peu compréhensible et trop religieux. «C'est un psaume écrit par un abbé au XIXe siècle». Il se conclut par ce cri : «Suisse, espère en Dieu toujours ! Vis la foi de tes aïeux, vis comme eux! […]» Toute la première semaine d'août, la radio TBS 1 a proposé un grand concours de nouvelles versions du chant national, avec vote des auditeurs.» (L'Express du 15/08/2005)

Annonce un brillant réveil,
Et prédit d'un plus beau jour le retour,
Les beautés de la patrie
Parlent à l'âme attendrie;
Au ciel montent plus joyeux
Les accents d'un cœur pieux,
Les accents émus d'un cœur pieux.

Vietnam : Tien Quân Ca (Marche vers le Front) a été adopté officiellement en 1946. Comme la Marseillaise, (avec qui il a plusieurs idées en commun), il fait partie des hymnes les plus violents, ce qui est rare pour un pays créé après 1945.

Soldats vietnamiens avancent,
Mus par une même volonté sauver la patrie.
Nos pas redoublés sonnent sur la route longue et rude.
Notre drapeau, qui se teint du sang de la victoire,
Porte l'âme de la nation.
Le lointain grondement des canons rythme
Les accents de notre marche.
Le chemin de la gloire se pave de cadavres ennemis.
Triomphant des difficultés, ensemble,
Nous édifions nos bases de résistance.
Jurons de lutter sans répit pour la cause du peuple.
Courons vers le champ de bataille!
En avant! Tous ensemble, en avant!
Notre patrie vietnamienne est solide et durable.

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